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Voici une pièce composée par le compositeur allemand Johann Jakob Froberger en forme de « tombeau », avec une atmosphère musicale mimant l’âme essayant de s’extraire des entrailles de la terre pour s’échapper vers le paradis, escapade réussie dans cet hommage au jeune roi Ferdinand IV, mort précocement. Une pièce qui m’est chère.

J’apprécie beaucoup ce compositeur qui portait à l’époque la musique comme je la conçois aujourd’hui. Loin du cadre exclusif des grandes salles et des marchés réels et virtuels de la musique, faits de stars d’un jour ou de plus longtemps, la musique compte nombre de vertus irremplaçables.

La 1ère est qu’elle est le bien de tous. Comme me disait hier mon cher Reinhard von Nagel, « tous les enfants chantent ». Avant qu’on ne les empêche?

Une autre des vertus portées par la musique est bien sur de développer des capacités d’exécution de gestes complexes et une capacité d’abstraction. D’où la nécessité de la penser dans une éducation complète.

Une autre qui m’est tout aussi chère, est celle de rapprocher les gens, autour du raffinement de la compréhension ou de l’exécution d’une pièce. A plus grande échelle, la musique devient ainsi un outil diplomatique, de rapprochement des peuples. Elle retrouve son statut de « salon » ou du « coin du feu », négligé mais fondamental.

Diplomate, c’est sans doute le second métier qu’exerçait probablement Froberger, porteur de missives pour son protecteur auprès des cours d’Europe, au gré de très hauts et de très bas dont seule la vie a le secret.

La musique devrait être source de rencontres et de paix, pour toutes et tous. Elle doit être aussi un véhicule de raison, d’émotion, et aussi d’incarcarnation dans le rappel que le déploiement d’un effort physique et psychologique répété peut mener à la sublimation par l’élaboration de plus grand que soi.

 

L’emmitouflée, pièce extraite du tombeau de Rameau de Gérard Pesson.

Le tombeau de Rameau est une suite de pièces pouvant être jouées indépendamment. Je n’aime pas tout en musique dite « contemporaine », surtout quand le projet mélodique ou harmonique n’a été substitué par rien de compréhensible pour qui que ce soit. Et la musique a besoin de publics plus que de pseudo-grands compositeurs incompris vivant dans un entre-soi. Mais c’est un autre débat.

J’ai choisie celle-ci en introduction de plusieurs de mes programmes car elle permet d’entrer aisément en méditation dans un concert, si vous n’êtes pas réceptifs, au moins avec une attention contemplative pour mieux entendre… la suite. Et ses tonalités orientales à mes oreilles en faisaient un choix judicieux pour le Liban et la Syrie, qui étaient l’occasion de ce dernier concert.

Le tiitre est inspiré à mon souvenir de la 73e sourate du Coran (Al-Muzzamil المزّمّل,).

 

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